De Vinci était-il vegan ? Voici ce que l’on sait sur son rapport aux animaux et à la nature

La question de savoir si Léonard de Vinci était vegan est complexe. Le peintre et inventeur de génie semble avoir été fasciné par les plantes, les animaux et la nature dans son entièreté.

Mais le concept du véganisme n’existait pas encore à son époque, ce qui rend la question à l’image de cette peinture : anachronique !

Des témoignages de ses contemporains et ses propres notes portent même à croire qu’il était au moins végétarien et qu’il condamnait l’exploitation animale.

On va jouer les détectives et tenter d’interpréter certains indices à la lumière du véganisme moderne.

Vous êtes partants ? Alors, suivez le guide !

2 raisons de penser que da Vinci était vegan

Toutes les sources concernant Leonardo da Vinci n’évoquent pas ses habitudes alimentaires. Mais plusieurs de ses contemporains et les cahiers de croquis de da Vinci lui-même en parlent. 

Les témoins de l’époque

Les personnes qui l’ont côtoyé parlent de da Vinci comme d’un homme démontrant un grand respect pour les animaux. En voici quelques exemples.

Au détour d’une description d’une peuplade indienne par le voyageur Andrea Corsali, on retrouve Leonardo :

« Certains infidèles nommés Guzzarati sont si gentils qu’ils ne se nourriraient d’aucun être dans lequel coule du sang et ils ne permettraient pas plus que l’on blesse tout être vivant, comme notre Leonardo da Vinci. »

Giorgio Vasari, lui, dépeint la grande compassion de da Vinci pour les animaux :

« Il eut toujours des chevaux, qu’il appréciait beaucoup, qu’il aimait particulièrement plus que tous les autres animaux, et qu’il supportait et élevait avec grand amour et patience.

Et il arrivait souvent que, passant par des lieux où l’on vendait des oiseaux, il les sortait de leur cage d’une main, leur redonnant la liberté perdue, et payait de l’autre à qui les vendait le prix requis. »

Dans son livre « Leonardo da Vinci: The flights of the mind », Charles Nicholl rapporte le témoignage de Tommaso Masini, qui travaillait avec da Vinci :

« Pour rien au monde, il n’aurait tué une puce. Il préférait s’habiller de lin pour ne pas porter de chose morte. »

Les carnets de da Vinci

De nombreux carnets compilent les notes et croquis pris par de Vinci au cours de sa vie.

On y découvre sa fascination pour la nature dans toutes ses manifestations : il l’observe minutieusement et grâce à ses innombrables centres d’intérêt, il y perçoit les liens qui tissent notre monde.

Tous ses talents trouvent leur origine dans son émerveillement pour son environnement, des végétaux aux animaux en passant par les mouvements de l’eau. La vision du monde de da Vinci évoque celle du véganisme aujourd’hui.

En effet, il avait un profond respect pour les animaux, êtres vivants au même titre que les humains, et rejetait l’idée de les élever pour ensuite les tuer et se nourrir de leur chair.

Bon à savoir

Il considérait même que boire du lait revenait à le voler au jeune animal auquel il était destiné. Ces éléments plaident en faveur d’un Léonard de Vinci vegan.

Les sources de l’émerveillement de da Vinci pour la nature

La fascination de l’artiste pour la nature sous toutes ses formes transparaît à travers l’ensemble de son œuvre. Et quand on s’intéresse à l’homme, on comprend mieux les origines de son respect pour les animaux.

Son enfance : la campagne

Leonardo est né en 1452 à Vinci, un village toscan proche de Florence. Il est le fils « illégitime » d’un notaire et d’une paysanne.

C’est auprès de sa mère qu’il grandit, à la campagne, entouré de champs et d’animaux.

Leonardo est fasciné par la beauté et la complexité de ce monde dans lequel il baigne et qu’il perçoit très vite comme une énorme machine où tout se tient.

Da Vinci passe sa vie entre Florence, Milan et la France. Il étudie d’abord la peinture, la sculpture et la décoration, ce qui lui permet d’affiner son sens de l’observation. Ensuite, seulement, il s’oriente vers la technologie et la science : il étudie l’urbanisme, l’hydraulique, la géologie…

La base commune de toutes les aptitudes de ce visionnaire reste l’observation de son environnement naturel, qu’il tentera souvent d’imiter.

Son époque : la Renaissance

l'organisme PETA a fait une image de Léonard de Vinci avec le slogan : mangez comme un génie

Da Vinci vit à l’époque de la Renaissance.

C’est une époque où on retrouve la viande sur la table du Roi, mais où le peuple se nourrit principalement de végétaux. C’est aussi le moment où les Humanistes, préoccupés de morale et d’éthique, redécouvrent les auteurs de l’Antiquité.

Leonardo se plonge lui aussi dans les ouvrages antiques, notamment ceux de Pythagore, un des pères du végétarisme éthique.

Son œuvre

L’œuvre de da Vinci est le fruit de son observation constante du monde qui l’entourait.

De ses peintures et sculptures à ses inventions en passant par ses croquis : la nature est partout.

La connexion et la dépendance entre toutes les manifestations naturelles est particulièrement visible.

C’est d’abord dans ses peintures qu’il essaye de refléter la beauté de la végétation et des jeux de lumière.

Par le dessin, il tente d’expliquer la complexité de l’anatomie végétale, animale et humaine.

Plus tard, on retrouve cette approche dans ses inventions, par exemple ses croquis de parachutes ou d’hélicoptères. Mais aussi dans ses travaux d’hydraulicien.

Da Vinci et les origines du véganisme

Le véganisme pourrait passer pour un mode de vie récent : le choix de produits alternatifs à la viande dans les supermarchés se multiplie, le mois de janvier est depuis peu connu sous le nom de « Veganuary » et le « lundi vert » fait de plus en plus d’adeptes.

La presse publie très régulièrement des interviews de célébrités vegans, comme récemment celle de Joaquin Phoenix.

Pourtant, le véganisme actuel en Europe est l’aboutissement d’une longue évolution qui a ses racines dans l’Antiquité grecque.

Le véganisme aujourd’hui

Source : Wikipedia

Le véganisme est né du végétarisme en 1944 à Londres, lorsque Donald Watson y a fondé la Vegan Society et inventé le mot « vegan » pour décrire :

« une philosophie et façon de vivre qui cherche à exclure – autant que faire se peut – toute forme d’exploitation et de cruauté envers les animaux, que ce soit pour se nourrir, s’habiller, ou pour tout autre but, et par extension, faire la promotion du développement et l’usage d’alternatives sans exploitation animale, pour le bénéfice des humains, des animaux et de l’environnement. »

Le traitement des animaux par l’homme est l’un des points centraux de cette définition.

Or, cette question est probablement vieille comme le monde – les anciens grecs en tout cas se la posaient déjà.

Le véganisme dans l’Antiquité

C’est environ entre 570 et 500 avant Jésus-Christ que vivait Pythagore, celui qui est souvent cité comme le père du végétarisme.

Qui n’a pas séché sur les bancs de l’école devant le théorème de Pythagore ?

S’il est connu comme mathématicien, il était aussi philosophe :

Pythagore croyait en la métempsychose. Selon celle-ci, l’âme était immortelle et transmigrait après la mort dans une autre espèce animale.

C’était la raison première de son refus de manger de la viande.

Certaines sources indiquent que Pythagore allait plus loin, ne consommant pas d’œufs et refusant de porter de la laine par exemple.

Bon à savoir

Il aurait par ailleurs encouragé ses étudiants à renoncer à la viande, ce qui ferait également de Pythagore le premier militant végétarien.

Ce mouvement était connu sous le nom de pythagorisme et da Vinci en aurait été un adepte lors de sa redécouverte à l’époque de la Renaissance.

Le véganisme à travers l’histoire

Au fil des siècles, de nombreux auteurs ont plaidé contre la consommation de viande, pour des raisons variées. On peut notamment citer :

  • Épicure, philosophe athénien, était convaincu que consommer de la viande procurait un plaisir temporaire qui éloignait l’homme du véritable plaisir ;
  • Platon, autre philosophe grec, imagine dans son œuvre « La République » que la cité saine est végétarienne – consommer de la viande était un luxe qui menait à la décadence et à la guerre ;
  • Plutarque, lui, pensait que le système digestif de l’homme n’était pas apte à digérer la viande ;
  • Albert Einstein, bien plus tard, a arrêté de manger de la viande à la fin de sa vie, principalement pour des raisons de santé.

Aujourd’hui, il y aurait 90.000 vegans en France, mais de plus en plus de personnalités à travers le monde affichent et thématisent leur véganisme.

Quant à notre star du jour, on peut imaginer que, s’il avait vécu au 21ème siècle, Leonardo da Vinci aurait été vegan.

En effet, sa fascination pour la nature, son amour des animaux et sa sensibilité à l’unité du monde sont des indices qui permettent de le penser.

Si vous cherchez plus d’informations sur le véganisme ou des conseils pratiques pour une vie de vegan épanoui, abonnez-vous à notre Newsletter !

visuel d'inscription à Planète Vegan avec le texte :

Ça vous plairait
de recevoir

  • des recettes et conseils qui déchirent
  • des actus incontournables
  • des confidences de vegans imparfaits


Sources : 

PETA : What’s the Difference Between a Vegetarian and a Vegan?
Britannica : 8 of History’s Most Famous Vegetarians
Britannica : The Hidden History of Greco-Roman Vegetarianism
The American Journal of clinical nutrition : Vegetarian nutrition: past, present, future
Universalis : Végétarisme, Antiquité et Moyen Âge
Université de Lausanne : Le cenacolo de Leonardo Da Vinci
IVU : History of Vegetarianism – Leonardo da Vinci
The Vegan Society : History of veganism
Essaim : Leonard de Vinci : le miroir de la nature

Livres :

« Leonardo da Vinci: The flights of the mind », Charles Nicholl
« Léonard de Vinci et la nature », Patrick Scheyder, Allain Bougrain Dubourg, Francis Hallé, éditions Ouest-France

Avatar for Marion
Article Rédigé par
Végétarienne depuis 2012, j'ai décidé de devenir vegan en 2020. J'ai donc adapté mon répertoire de recettes pour en retirer les produits d'origines animales. Au-delà du bien-être animal, je m'intéresse aussi à mon propre bien-être en me ... Lire la biographie complète

Laisser un commentaire